Professeur Gane Samb LO

Université Gaston Berger de Saint-Louis

Mon engagement envers les statistiques

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Préambule
Après une formation théorique au Laboratoire de Statistiques Thèoriques Appliquées (LSTA) de l'Université Paris VI, je me suis retiré durant trois ans en Côte-d'Ivoire, durant lesquels je me suis consacré à la caratérisation empirique des extrèmes et de questions liées à l'étude des extrêmes. Le résultat de ces travaux furent présentés en Thèse d'Etat, soutenue à l'Université de Dakar, devant un jury incluant deux éminents professeurs du LSTA : Professeur Deheuvels et Broniatowski.
Nous avons eu l'insigne honneur de participer à l'ouverture de l'Université de Saint-Louis en 1991.
Prenant conscience du vide en matière d'enseignement des statistiques et des probabilités d'une part, et du manque de ressources humaines pédagogiques et de recherche dans ces mêmes domaines, nous avons pris conscience de nôtre rôle devant les objectifs suivants
  1. Impulser l'enseignement des statistiques et probabilités,
  2. Former des enseignants-chercheurs dans ces domaines,
  3. Vulgariser les méthodes statistiques en collaboration avec les chercheurs des autres domaines,
  4. Impulser une recherche-développement dans ces domaines,
  5. Maintenir une recherche académique de haut niveau.


La tâche était énorme pour les deux statisticiens Galaye Dia et moi-même, tous les deux formés au LSTA.

En dix sept ans (1991-2007), le bilan de notre action a été, à notre avis, positif, avec plusieurs thèses soutenues à l'UGB, plusieurs spécialistes disséminés dans le monde entier dont un à Wall-Street, une formation doctorale attirant des étudiants de toute l'Afrique, un centre régional pour les statistiques.

Il reste beaucoup à faire. Nous y reviendrons après la description des actions posées et leurs résultats.

Enseignement des Statistiques
En rapport avec les autorités, nous avons inclus dans les programmes les bases importantes pour l'étude des probabilités et Statistique, encore uniques en Afrique francophone, à travers les cours
Probabilités élementaires et combinatoires (première année),
Statistiques élementaires (première année),
Statistiques mathématiques (deuxième années),
Mesure, intégration et probabilités (troisième année),
Probabilités et statistiques I : inférence statistique, (quatrième année),
Processus stochastiques (quatrième année),
Statistiques avancées, Modèles linéaires, ANOVA, Sondage, Méthodes Robustes (quatrième année).

Il a valu une reconversion pour assurer tous ces cours à deux durant des années. Une orientation pratique a aussi été donnée à ces enseignements à travers des mémoires de maîtrise utilisant les logiciels standards à l'époque (Statgraphics, SPSS, SAS, etc.)

Ce programme, à côté d'un programme de mathématiques fondamentales aussi relevé incluant un cours fondamental d'analyse fonctionnelle, explique aussi pourquoi nos éudiants ont pu continuer leurs études de master dans les universités européennes et américaines sans difficultés.

Pour assurer la formation des formateurs, nous avons institué un séminaire de lecture hebdomadaire avec des étudiants de doctorat, dès 1992. Chacun d'entre nous exposait le résultat de ses lectures sur un thème précis en : Séries chronologiques, controle statistique, probabilités fondamentales, calcul stochastique, etudes de cas avec les logiciels, etc. Cela a permis une reconversion débouchant sur les études de cas statistiques.

FORMATIONS DOCTORALES
Dès 1991, nous avons fait adopter un texte fixant les encadrements de thèse et instituant le Diplômes d'Eudes Approfondies (DEA). Nous avons recruté des doctorants déjà titulaires du DEA qui se sont inscrits en thèse. C'est ainsi qu'en 1994, nous avions déjà formé deux docteurs en statistiques (Aboubakary Diakhaby et Aliou Diop), respectivement formés par Prof Galaye Dia et moi-même, aujourd'hui titulaires de thèses d'Etat, enseignants et dirgeants à l'UFR.

Depuis 1992, le DEA a formé une cinquantaine de jeunes graduates. J'en ai personnellement encadré presque la moitié. J'ai fait soutenir cinq thèses (1 thèse d'Etat, quatre thèsde de troisième cycle)

Dès la début, nous placé notre formation doctorale dans un cadre régional et international. Nous avons systématiquement invité tous les collègues africains docteurs en probabilités et/ou Statistique. cela a donné à notre DEA un caractère riche et varié et permis de déboucher sur des collaborations entre chercheurs. Les collègues suivant ont visité Saint-Louis plusieurs fois et donné des cours au niveau doctoral
Youssef Ouknine Maroc
Mkhadri Badalah, Maroc
Abdel Haqq Khoudraji, Maroc
Le recteur Ali Souleymane Daby, Tchad (Titulaire du DEA de l'UGB)
Modeste Nzi, Côte d'Ivoire
Hili Ouagnina, Côte d'Ivoire
Guy Martial Nkiet

Nous avons aussi reçu
Professeur Laurens de Haan (Rotterdam)
Professeur Daniel Loti-Viaud (Paris VI)
Richare Emilion (Orléans)
Sophie Dabo Niang (Lille)

A ce jour, nos étudiants, issus de notre DEA, sont systématiquement co-encadrés par des collègues des universités du Nord et du Sud. Un état des lieux actuels peut être visité à www.ufrsat/lerstad/membres.htm

Avec le projet de mise en place d'une filière Statistiques Appliquées au Vivant (SAV), nous nous acheminons vers un centre régional en statistique

Initiatives de regroupement régional
Dans la foulée, nous avons voulu impulser la création de la Sotiété Africaine de Statisticiens et probabilistes Universiatires (SASPU). Nous avons édité un bulletin et diffusé trois numéros envoyés à toutes les universités africaines. La faiblesse numérique des membres potentiels explique, peut-être, les difficultés rencontrées. Aujourd'hui, l'idée lancée à Cotonou de création de la PAN AFRICAN ASSOCIATION OF STATISTICS, rencontre notre agrément et notre engagement total.

LABORATOIRE
Notre démarche s'est déroulée dans le cadre du laboratoire d'Etudes et de Recherches en Statistiques et Développement, que j'ai créé depuis 1992. Des séminaires ont été systématiquement organisés réglièrement par nous mêmes, par des statisticiens non universitaires invités à l'UGB. Nous avons aussi rencontré beaucoup de visiteurs qui se sont adressés à notre auditoire, à l'exemple du Professeur Dacunha-Castelle, professeur émérite de Paris Sud.

Nous avons lancé la revue Afrika Statistika pour mieux diffuser la recherche statistique en Afrique.

Vers un avenir radieux
Après dix sept ans, la base a été mise en place. Nous avons avons sept docteurs statisticiens en fonction à l'UGB (les cinq étant formés formés à l'UGB), des collaborations avec de grandes universités, une vingtaine d'etudiants en DEA chaque année.

Les conditions d'accès à l'information scientifiques (réseau mondial des e-prints auxquels nous sommes associés, Jstor, science-direct, revues en ligne) et les collaborations que nous avons tissées dans le monde (au Sud comme au Nord), la reconnaissance de plus en plus marquée par les autorités nationales (comme notre nomination comme responsable des programmes de l'Ecole Nationale à mettre en place), nous autorisent à croire que notre rôle sera de plus en plus grand.

Les défis sont importants car il s'agira de faire jouer aux statistiques sur tous les secteurs de la vie publique (lutte contre la pauvreté, lutte contre les endémies, études biomédicales, envionnement, développement des bio-carburants) tout en maintenant une recherche académique de qualité.

Nous espérons bien pouvoir organiser le SADA'09 avec l'aide de l'Institut International de la Statistique (dont je souhaite être membre) et l'Institute of Mathematical Statistics (dont je suis membre)